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Concevoir l’instruction pour une formation engageante et efficace
Nous avons vu dans un article précédent (Vous avez modélisé les objets de connaissance. Comment allez-vous les organiser maintenant ? – bulletin NVS Learning du 1er déc. 2006) qu’il était avantageux d’organiser les objets de connaissance selon un schéma qui modélise une tâche type, représentative de ce qu’un candidat doit pouvoir réaliser dans son environnement de travail. Cette modélisation décrit quelles sont les étapes de la tâche, quels sont les intrants utilisés, les livrables qui doivent être produits, les règles à respecter et les outils à utiliser pour compléter la tâche.
Cette technique permet de concevoir un environnement d’apprentissage qui induit un apprentissage naturel et qui facilite grandement le transfert des connaissances vers un milieu de travail. Reste simplement à fournir l’instruction aux apprenants pour les rendre capables d’effectuer la tâche. Simplement ? Non pas si simplement que ça en réalité.
Certaines expériences que nous avons menées suggèrent en effet que les apprenants n’arrivent que très difficilement à compléter sans aide une tâche complexe dans un environnement de travail riche. En fait, plus la tâche est complexe et l’environnement d’apprentissage riche, plus la composante instructionnelle doit être élaborée et performante.
Qu’entendons-nous par « composante instructionnelle » ? Imaginez un simulateur de vol. Il s’agit d’un environnement d’apprentissage qui reproduit parfaitement l’environnement de travail du pilote. Même en disposant de cet outil formidable, pourriez-vous seul, faire décoller, voler et atterrir l’avion ? Probablement pas. Il vous manquerait la fameuse composante « instructionnelle », c’est à dire des explications, des scénarios, des rétroactions, des missions de vol, etc.
Un ensemble de ressources
Spécifiquement, on définit la composante instructionnelle comme un ensemble de présentations, de scénarios d’apprentissage, de ressources, d’indicateurs et de rétroactions qu’on a avantage à déployer selon un ordre précis.

La composante présentation est utilisée essentiellement au début d’une activité et on recommande de se concentrer sur la présentation des motivations, des objectifs et une brève vue d’ensemble du contenu. Le temps dévolu à cette composante de l’instruction ne devrait pas excéder 15% du temps total de l’unité d’apprentissage.
On crée divers scénarios en faisant varier les intrants. Pour une formation sur le service à la clientèle, on peut imaginer une série de clients (intrants) avec le premier qui présente une demande d’information, un second avec une demande de service simple, un troisième avec une demande de service complexe et un dernier qui exprime une insatisfaction par exemple. Il est à noter que les scénarios sont un élément central de la mécanique instructionnelle. Dans cette perspective, la stratégie la plus efficace consiste à présenter d’abord un intrant qui sera simple à traiter tout en offrant beaucoup de soutien à l’apprenant. Graduellement, on introduit des situations plus complexes tout en diminuant le soutien offert à l’apprenant au fur et à mesure que sa capacité à traiter les situations s’accroît. Les derniers scénarios peuvent être utilisés comme évaluations.
Pendant l’exécution de la tâche, l’apprenant sera soutenu avec les indicateurs, les ressources et les rétroactions.
Il y a deux types d’indicateurs. Les indicateurs de performance informent l’apprenant de l’état du livrable à produire. Par exemple, pour une formation en gestion de projet les indicateurs de performance pourraient être des mesures de respect des échéanciers, du budget et des objectifs du projet. Les indicateurs de progression informent l’apprenant des étapes franchies et à franchir. On peut utiliser les deux types d’indicateurs ensemble ou séparément selon le cas. Les indicateurs constituent un mécanisme de rétroaction positif et très utile, qui a l’avantage de ne pas interrompre la tâche.
Pendant l’exécution de la tâche, les rétroactions prennent la forme de messages guides de différentes natures telles que les indices, les messages d’erreur et les rappels. La combinaison judicieuse de rétroactions et d’indicateurs dans le contexte que nous décrivons constitue un outil pédagogique très puissant. D’ailleurs, une partie importante des efforts de conception doit être dévolue à cet aspect.
Les ressources sont des informations sur les objets de la tâche qui peuvent être consultées sur demande par l’apprenant lorsque ce dernier doit effectuer la tâche. Cela peut prendre la forme de rappels de la procédure à suivre, de guide d’utilisation des outils, de rappels des concepts, etc. Ces ressources peuvent être réutilisées après la formation et intégrées à une stratégie de soutien à la performance.
Après l’exécution de la tâche, une rétroaction de type retour sur l’activité rappelle les éléments les plus importants, permet d’expliquer en quoi les différentes étapes de la tâche ont contribué à produire les livrables attendus et quel a été l’impact des erreurs commises. Il s’agit également d’un bon moment pour rappeler les motivations et suggérer des approfondissements.
Rédiger le devis
La spécification de tous ces éléments doit se retrouver dans le devis de formation. Selon ce modèle, on rédigera des devis qui auront la forme suivante :

Pour chaque scénario, on devra identifier les intrants, les ressources, les rétroactions, les règles à suivre et quels sont les attributs désirés des livrables et comment les comportements observés affecteront les livrables.
Conclusion
Selon notre expérience, ce modèle est à la fois remarquablement efficace et applicable à un très grand nombre de situations. Son application résulte en la production d’activités de formation engageantes et avec lesquelles les apprenants développent rapidement des capacités et un sentiment de compétence. Les coûts de conception qui y sont associés sont comparables à ceux des autres méthodes de conception de formation structurée. Les activités de formation résultantes sont plus brèves et davantage axées sur la performance, ce qui diminue le coût global de la solution de formation et augmente les chances que les objectifs du projet de formation soient atteints.
Ce modèle s’applique aussi bien à la formation en présence qu’au e-learning. Son utilisation demande toutefois un environnement d’apprentissage qui peut prendre la forme d’un laboratoire, d’un atelier ou d’un environnement de bureau dans le cas d’une formation en présence. Pour un projet e-learning, on produira une simulation instructionnelle.
David Beaudoin NVS Learning 2810, St-Martin Est, #105 Laval, Qc H7E 4Y6 Tél.: (450) 661-3022
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